Mensonges? Que dire de ce mot qui ouvre la porte à une tonne de révélations qu’on croit ou qu’on veut bien se faire croire? Pourquoi, au juste?
Pour se donner bonne contenance, pour bien paraître, pour faire partie du club sélect des ceci et cela, pour être sûre d’agir selon la tendance, pour faire plaisir ou encore pour ne pas faire de peine.
«Le mensonge n’est bon à rien puisqu’il ne trompe qu’une fois», disait avec raison Napoléon Bonaparte. «La vérité, comme la lumière, aveugle. Le mensonge, au contraire, est un beau crépuscule qui met chaque objet en valeur», soutenait de son côté Albert Camus. Et l’ineffable Sacha Guitry (remarquez que je n’ai choisi que des personnalités françaises!), pour vous faire plaisir, donc, je disais, l’ineffable Sacha Guitry disait de son côté : «L’un des mensonges les plus fructueux, les plus intéressants qui soient, et l’un des plus faciles en outre, est celui qui consiste à faire croire à quelqu’un qui vous ment qu’on le croit.»
Personne sur cette terre, même la meilleure personne au monde, ne pourra pas dire qu’elle n’a jamais menti de sa vie. Mensonges blancs et peut-être un peu plus excusables (pour ne pas heurter un ou des egos, pour ne pas blesser, ou préoccuper inutilement, ou encore pour ne pas dévoiler un cadeau avant le jour fatidique), sont en fait des camouflages qui font meilleure figure parce qu’ils sont «orientés vers le bien».
Mais il y a ces autres, mensonges noirs, qui apportent le tonnerre et les éclairs, la foudre, à cause de ce qu’ils laissent prévoir comme problèmes. Des vices qu’on veut cacher, quels qu’ils soient (et je n’accuse personne, étant moi-même loin d’être parfaite) ou des révélations porteuses de drames, de cœurs qui seront blessés ou de trahisons qui seront jugées impardonnables. Mais je m’arrête là, car le terrain est trop glissant et nous ne sommes quand même pas ici (Dieu merci!) dans un cours de morale ou dans un confessionnal.
Je choisis plutôt d’aborder le volet «à la folie» des mensonges. Son aspect ludique, désinvolte, charmant, innocent, candide, voire irrésistible et sans contredit, tout à fait inoffensif.
Je veux parler ou me souvenir de ces châteaux qu’on construisait dans sa tête quand on était enfant, ou de ces séances entre petites camarades alors qu’on était deux grandes dames de la haute société et qu’on se recevait pour le thé. Le temps n’existait plus, il n’y avait aucun problème à l’horizon, tout le monde s’aimait; il n’y avait plus de guerres, de haine, de goût immodéré pour l’argent, d’enfants qui mouraient de faim ou qui étaient maltraités, de sida dévastateur, d’armes meurtrières ou d’exploitation éhontée des ressources naturelles ou pire encore, de celle d’un homme ou d’une femme sur un enfant, un homme ou une autre femme. Mensonges ou idéalisme? J’opte pour le second, c’est sûr.
Peut-on cumuler les mensonges par idéalisme? Je ne crois pas, à moins d’être inconscient ou indifférent au sort du monde. Parce que c’est ça dont il est question. Si l’on convient que seuls les êtres humains peuvent mentir (et je n’ai jamais vu un chien ou un chat mimer l’indifférence quand il s’est ennuyé de son maître ou de sa maîtresse pendant toute une journée!), peut-on espérer que les mensonges à la folie serviront un jour à bon droit, c’est-à-dire à resserrer les liens entre hommes et femmes? Je l’espère, au risque de paraître franchement croulante ou fleur bleue.
Des mensonges blancs à la folie, oui, s’ils servent à faire la fête sans causer de problèmes à soi ou aux autres, à réconforter un enfant, un ado, un adulte ou un aîné, à lui faire oublier, pour un temps du moins, les travers de sa maladie ou de sa solitude lancinante, à lui rendre la vie meilleure, ou encore, dans un autre ordre d’idées, à passer une soirée inoubliable avec son amoureux. Mais là, on ne parle plus de mensonges, mais de sollicitude, d’affection, d’amour.
La vie n’est pas facile, je n’apprends rien à personne. Les coups durs se succèdent souvent à un rythme non désiré. Heureusement, ils sont entrecoupés, le plus souvent, de grandes journées de soleil. En fait, ça ne peut pas toujours aller mal.
Je choisis de remplacer les mensonges noirs par l’acceptation de soi et des autres, l’affirmation personnelle, la paix intérieure et la sérénité. Combat de tous les jours en ce qui me concerne.
Merci, sujet de mensonges à la folie (et à Corinne de l’avoir choisi) et pour cette porte que ce club d’écriture me permet d’ouvrir pour affiner ma plume. Mon amour des mots et l’occasion de rencontrer d’autres qui ont la même passion que moi sont un beau cadeau que m’apporte 2007 en ce début d’année! Longue vie à ce club d’écriture et au nom que nous aurons (ou avons) choisi! Puissions-nous nous amuser longtemps à ces luttes épiques de cape et d’épée au royaume des milliers de mots de notre belle langue française. Merci!
Marie-Josée
Pour se donner bonne contenance, pour bien paraître, pour faire partie du club sélect des ceci et cela, pour être sûre d’agir selon la tendance, pour faire plaisir ou encore pour ne pas faire de peine.
«Le mensonge n’est bon à rien puisqu’il ne trompe qu’une fois», disait avec raison Napoléon Bonaparte. «La vérité, comme la lumière, aveugle. Le mensonge, au contraire, est un beau crépuscule qui met chaque objet en valeur», soutenait de son côté Albert Camus. Et l’ineffable Sacha Guitry (remarquez que je n’ai choisi que des personnalités françaises!), pour vous faire plaisir, donc, je disais, l’ineffable Sacha Guitry disait de son côté : «L’un des mensonges les plus fructueux, les plus intéressants qui soient, et l’un des plus faciles en outre, est celui qui consiste à faire croire à quelqu’un qui vous ment qu’on le croit.»
Personne sur cette terre, même la meilleure personne au monde, ne pourra pas dire qu’elle n’a jamais menti de sa vie. Mensonges blancs et peut-être un peu plus excusables (pour ne pas heurter un ou des egos, pour ne pas blesser, ou préoccuper inutilement, ou encore pour ne pas dévoiler un cadeau avant le jour fatidique), sont en fait des camouflages qui font meilleure figure parce qu’ils sont «orientés vers le bien».
Mais il y a ces autres, mensonges noirs, qui apportent le tonnerre et les éclairs, la foudre, à cause de ce qu’ils laissent prévoir comme problèmes. Des vices qu’on veut cacher, quels qu’ils soient (et je n’accuse personne, étant moi-même loin d’être parfaite) ou des révélations porteuses de drames, de cœurs qui seront blessés ou de trahisons qui seront jugées impardonnables. Mais je m’arrête là, car le terrain est trop glissant et nous ne sommes quand même pas ici (Dieu merci!) dans un cours de morale ou dans un confessionnal.
Je choisis plutôt d’aborder le volet «à la folie» des mensonges. Son aspect ludique, désinvolte, charmant, innocent, candide, voire irrésistible et sans contredit, tout à fait inoffensif.
Je veux parler ou me souvenir de ces châteaux qu’on construisait dans sa tête quand on était enfant, ou de ces séances entre petites camarades alors qu’on était deux grandes dames de la haute société et qu’on se recevait pour le thé. Le temps n’existait plus, il n’y avait aucun problème à l’horizon, tout le monde s’aimait; il n’y avait plus de guerres, de haine, de goût immodéré pour l’argent, d’enfants qui mouraient de faim ou qui étaient maltraités, de sida dévastateur, d’armes meurtrières ou d’exploitation éhontée des ressources naturelles ou pire encore, de celle d’un homme ou d’une femme sur un enfant, un homme ou une autre femme. Mensonges ou idéalisme? J’opte pour le second, c’est sûr.
Peut-on cumuler les mensonges par idéalisme? Je ne crois pas, à moins d’être inconscient ou indifférent au sort du monde. Parce que c’est ça dont il est question. Si l’on convient que seuls les êtres humains peuvent mentir (et je n’ai jamais vu un chien ou un chat mimer l’indifférence quand il s’est ennuyé de son maître ou de sa maîtresse pendant toute une journée!), peut-on espérer que les mensonges à la folie serviront un jour à bon droit, c’est-à-dire à resserrer les liens entre hommes et femmes? Je l’espère, au risque de paraître franchement croulante ou fleur bleue.
Des mensonges blancs à la folie, oui, s’ils servent à faire la fête sans causer de problèmes à soi ou aux autres, à réconforter un enfant, un ado, un adulte ou un aîné, à lui faire oublier, pour un temps du moins, les travers de sa maladie ou de sa solitude lancinante, à lui rendre la vie meilleure, ou encore, dans un autre ordre d’idées, à passer une soirée inoubliable avec son amoureux. Mais là, on ne parle plus de mensonges, mais de sollicitude, d’affection, d’amour.
La vie n’est pas facile, je n’apprends rien à personne. Les coups durs se succèdent souvent à un rythme non désiré. Heureusement, ils sont entrecoupés, le plus souvent, de grandes journées de soleil. En fait, ça ne peut pas toujours aller mal.
Je choisis de remplacer les mensonges noirs par l’acceptation de soi et des autres, l’affirmation personnelle, la paix intérieure et la sérénité. Combat de tous les jours en ce qui me concerne.
Merci, sujet de mensonges à la folie (et à Corinne de l’avoir choisi) et pour cette porte que ce club d’écriture me permet d’ouvrir pour affiner ma plume. Mon amour des mots et l’occasion de rencontrer d’autres qui ont la même passion que moi sont un beau cadeau que m’apporte 2007 en ce début d’année! Longue vie à ce club d’écriture et au nom que nous aurons (ou avons) choisi! Puissions-nous nous amuser longtemps à ces luttes épiques de cape et d’épée au royaume des milliers de mots de notre belle langue française. Merci!
Marie-Josée
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